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... Histoire du Trakehner... |
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La
tentation d’admettre d’autres races comme l’Oldenburg ou le Normand, de
modèle plus lourd, a été grande. La nécessité d’obtenir un cheval plus
adapté aux besoins de l’agriculture générale, dans un délai acceptable, n’a
cependant pas prévalu : les produits obtenus par croisement avec des
demi-sang normands ont été rapidement éliminés de la reproduction à
l’exception de l’étalon Goutte d’Or. Ainsi la sélection opérée en race pure
(en trois générations seulement), respectant le modèle classique du
Trakehner, ses allures, la finesse de ses tissus et sa beauté, est une
réussite à mettre à l’actif du traditionalisme et de la fidélité des
éleveurs soutenus par l’administration des Haras. Les exemples en sont les
étalons Tempelhüter, fils de Perfectionnist, dont la statue fut érigée en
1932 devant la maison du directeur du haras, Dampfross, né 1916 par Dingo et
Laura par Passvan et son fils Pythagoras, issu de Pechmarie par Tempelhüter.
Tous trois sont les fondateurs de lignées légendaires qui influencent encore
aujourd’hui l’élevage de chevaux en Allemagne.
Mais l’histoire bascule à la fin de l’année 1944. Alors que les avions
russes survolent Trakehnen, le Haras National se voit refuser toute
permission d’évacuer les 1100 chevaux pour ne pas affoler la population
locale. Sous sa propre responsabilité, le Docteur Ehlert, directeur du
haras, fait déplacer dès septembre 1944 140 juments pleines et les 16
meilleurs étalons vers deux haras près de Berlin et 60 yearlings mâles dans
un autre au sud de Hambourg.
Enfin, le 17 octobre 1944 à 5 heures du matin arrive enfin l’ordre de départ
dans un délai de trois heures. L’Armée Rouge est à 15 km. Commence ici
l’épopée qui justifie le “mythe Trakehner”. |
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Le
premier jour, 800 chevaux, divisés en troupeaux de 80 têtes, parcourent au
trot sans arrêt 70 km. Après plusieurs haltes sur la route vers l’ouest, les
chevaux du Haras de Trakehnen trouvent refuge à Schwerin en Mecklenbourg : M.
Ehlert pense alors avoir sauvé ce trésor génétique équin des mains des
Soviétiques. Malheureusement, ils ne sont pas arrivés assez loin vers
l’ouest : la ligne de démarcation, fixée par les alliés, se trouve 50 Km plus
loin et le passage est interdit par les autorités Britanniques. |
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Emma
Peel,
vice championne en attelage |
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Grâce à
la bonne volonté et à l’initiative du général anglais L.Bolton, 26 juments
et 2 étalons franchissent malgré tout la frontière en route pour le
Schleswig-Holstein. Les 600 chevaux restants sont transportés à Kirow dans
le sud de la Russie, où une partie d’entre eux a permis de continuer
l’élevage en race pure. |
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Les
éleveurs de la Prusse Orientale, châtelains ou petits exploitants, tous ont
alors le même souci : fuir vers l’ouest devant l’armée soviétique. Partis à
la mi-janvier 1945 avec leurs juments attelées à deux ou à quatre, ils
arrivent trois semaines plus tard au-delà de l’Elbe : 1800 Km parcourus en
plein hiver, sur des chemins et des petites routes enneigés et verglacés
avec le passage d’une partie de la mer Baltique gelée tirant des voitures
chargées d’une tonne et plus. Les juments, souvent pleines, vont sauver leur
vie et celle de leurs maîtres dans des conditions inimaginables : la
température varie entre moins 20 et moins 27°, les étapes peuvent être de
120 kms en 21 heures sans arrêt, la nourriture est extrêmement réduite, les
poulains naissent morts, morts de faim durant la gestation. En tout, 650
juments parviennent sur le terrain de la future RFA. A peine arrivées dans
leur nouvelle terre d’accueil, les difficultés de l’après-guerre n’épargnent
pas les juments Trakehner : une partie est saisie et abattue pour servir de
nourriture, les autres doivent immédiatement travailler aux champs. |
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Histoire du Trakehner suite...
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